Les relations police – population : Les patrouilleurs

Accentuer la visibilité et la présence de la police sur la voie publique, et renforcer le contact de la population

Revêtus de leur uniforme, Elise M. et Mehdi J. entrent dans un débit de boisson. Depuis quelques jours, le patron connait des problèmes avec une poignée de perturbateurs qui sèment le trouble parmi sa clientèle. Le binôme de policiers s’enquiert de l’évolution de la situation et note consciencieusement ses observations sur la physionomie du bar, avant de poursuivre sa patrouille. Si Elise et Mehdi sillonnent leur secteur d’intervention à pied, certains de leurs collègues le font à vélo ou en roller. Ce scénario est inspiré des missions quotidiennes confiées aux patrouilleurs dont le déploiement sur le ressort de l'agglomération parisienne a pour but d'accentuer la visibilité et la présence de la police sur la voie publique, et de renforcer le contact de la population.

Quelques rues plus loin, Elise et Mehdi remarquent une camionnette arrêtée sur un passage piéton ; ils demandent aussitôt au conducteur de déplacer son véhicule.

Puis, plus tard, c’est une dame âgée qui leur fait signe. Elle leur explique qu’un groupe crée des nuisances devant l’accès à son immeuble. Cette adresse est bien connue des patrouilleurs pour être un lieu récurrent de rassemblement de jeunes perturbateurs qui n’hésitent pas à défier les policiers. Après en avoir informé leur état major, le binôme décide de se rendre sur place et de tenter une médiation. L’approche sera payante, et les jeunes cesseront leur tapage. Mais les situations peuvent être aussi plus tendues, et, parfois, les policiers doivent intervenir avec autorité. Ce sera le cas 30 minutes plus tard, lorsqu’ils devront s’interposer afin de faire cesser une rixe engagée à la sortie du métro. L’un des protagonistes, auteur de violences aggravées, sera interpellé et conduit au commissariat.

Fort d’une expérimentation réussie dans certains quartiers d’action prioritaires, le dispositif des patrouilleurs a été étendu dès juillet 2011 à l’ensemble des circonscriptions de l’agglomération parisienne, qui regroupe la capitale et les trois départements de la petite couronne. Fonctionnaires de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), les patrouilleurs ont trois missions indissociables les unes des autres : la prévention, la dissuasion, la répression. Leur mode d’intervention en binôme a permis de démultiplier les équipages. Le dispositif est adaptable et dynamique : les patrouilles sont orientées sur les secteurs où le besoin de sécurité se fait particulièrement sentir, que l’évolution de la délinquance y soit défavorable ou que la population locale ait exprimé des attentes particulières en termes de sécurisation.

A fin septembre, les patrouilleurs de l’agglomération parisienne affichaient à leur compteur quelques 50.000 interventions, des tapages aux délits aggravés en passant par les troubles de voisinage, 11.000 prises de contact ou opérations de sécurisation au bénéfice des usagers, et 5.000 réunions dans les quartiers.