Les relations police – population : Police-Secours
15 : SAMU, 17 : police et 18 : pompiers. Trois numéros d’urgence à votre disposition lorsque vous vous trouvez en difficulté.
Qui s’occupe du traitement de ces appels ? Quelles suites leur sont données ? Pour la police, ce sont les équipes de police-secours (PS) qui sont chargées de répondre aux appels de détresse. Confrontés à des situations souvent critiques, ces policiers doivent faire preuve d’un sang-froid à toute épreuve lors de leurs interventions et de la réception des appels. Différends, tapages, tentatives de suicide, décès, malaises, lutte anti-criminalité ou assistance aux pompiers en cas d’incendies, de dégâts des eaux ou d’accidents de la circulation : leurs missions sont diverses et s’effectuent souvent dans des contextes parfois très tendus. Compte-rendu d’une après-midi type avec la PS.
14h30. Les opérateurs du centre d’appels PS 17 s’installent à leur poste. Sur le terrain, dans chaque circonscription de police de Paris et des départements de la petite couronne, les équipages affectés aux missions police-secours effectuent leurs patrouilles. Nous suivons l’un d’entre eux, véhiculé dans l’un des fameux cars police-secours. L’activité n’est pas particulièrement dense en ce début d’après-midi ; les policiers en profitent pour effectuer des contrôles de sécurité routière.
16h32. Rémi J., directeur d’une agence de la Banque Postale, fait face à un client particulièrement virulent qui menace le personnel et refuse de quitter son agence. Il compose le « 17 ». Après avoir pris connaissance du court message lui rappelant que cette ligne est réservée aux seuls appels urgents, Rémi est mis en contact avec l’un des policiers-opérateurs du centre d’appels. Dès qu’il décroche, le policier le rassure, puis pose les questions indispensables à une éventuelle intervention. Une fois la communication terminée, l’opérateur lance un appel radio afin que l’équipe PS se rende à l’agence le plus rapidement possible. Sur le terrain, aussitôt l’appel radio reçu, les policiers du car PS actionnent gyrophare et sirène deux-tons afin de se frayer un chemin dans la circulation dense de l’après-midi. Malgré les encombrements, ils arrivent à l’agence en quelques minutes. Le client mécontent est toujours sur place et continue de proférer des menaces contre le personnel. Les policiers entament un dialogue avec lui, le conduisent hors de l’agence et finissent par l’apaiser. Aucune plainte n’ayant été déposée par les agents de la Banque postale contre lui, il sera libre de partir après un rappel à l’ordre des policiers.
17h57. Nouvel appel urgent. Alors qu’il regagne son domicile, Bernard P. assiste à un accident de la circulation ayant causé des blessures graves à deux automobilistes. Il appelle les pompiers qui aussitôt répercutent l’information au centre d’appels PS. L’opérateur dépêche le car PS sur place. En quelques minutes, les policiers de police-secours vont devoir s’organiser pour remplir toutes les missions qui leur sont dévolues en pareille circonstance : sécuriser les lieux, dévier la circulation, faciliter le travail des pompiers, établir les circonstances avec les témoignages des protagonistes de l’accident et des passants, pratiquer des tests d’alcoolémie… Ce n’est que deux heures plus tard que l’équipe PS quitte les lieux, lorsque les blessés ont été évacués et les véhiculés accidentés retirés de la chaussée.
20h26. Monique R. compose le 17. Elle s’est enfermé dans la salle de bains car son mari vient de lui porter de nombreux coups et tente d’enfoncer la porte. La communication est brutalement interrompue. L’opérateur lance immédiatement un appel radio et l’équipe PS se rend en urgence au domicile de la requérante. Dans ce genre de cas, les policiers ne peuvent jamais prévoir la situation à laquelle ils vont être confrontés. L’homme brutal peut aussi bien se muer en forcené que s’apaiser aussitôt. Arrivés sur place, les policiers constatent que l’époux s’est calmé devant la résistance de la porte et qu’il regarde paisiblement la télévision. Au vu du visage tuméfié de l’épouse, ils arrêtent le mari et le conduisent devant l’officier de police judiciaire de permanence. Une heure et demie plus tard, le procès-verbal d’interpellation rédigé, le car police-secours reprend sa tournée… jusqu’à la prochaine intervention.



